Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 14:42

BAL PERDU ?

films, scopitones & drinks 

une séance de cinéma où l'on peut danser


aux Lectures Aléatoires
19 rue des Augustins, Bordeaux (Quartier Victoire)

entrée : 5 €


Vous souvenez-vous du nom du petit bal perdu ? Ce dont on se souvient, c'est de cette chanson mélancolique de Robert Nyel et Gaby Verlor interprétée par Bourvil, fantaisiste abonné aux rôles de naïf qui soudain apparaissait la voix tremblante et le regard embué. Évocation d'un dancing fantôme qui appelle d'autres images, fixes ou mobiles, ces films où les relations humaines se tissent ou s'achèvent, en noir et blanc granuleux ou en couleurs nocturnes, dans des cafés, sur une piste de danse, à l'entrée de boites de nuit, sur fond de musique désuètes ou branchées, dans la fumée des cigarettes... BAL PERDU ? Mais retrouvé le temps de trois séances de cinéma et d'une poignée de films anciens et récents, dans un lieu approprié, un bar où l'on peut boire un verre à une table ou au comptoir, discuter avec le gars ou la fille à côté, et même danser...
Twist psychédélique, rétropop, futuroswing, tango argentique, do the shake, do the dog, what you see is watusi...

session 1
vendredi 13 avril - 21h

 


Rockflow (1968)

Pour ouvrir le bal, le beau BAL'TRINGUE conte musette et chante du Fréhel accompagné à l'accordéon. Puis PANDORE (2010, vidéo, couleur, 36 min.), film de Virgil Vernier, observe avec verve un physionomiste à l'entrée d'une boite de nuit parisienne, le ballet des clients, les stratégies pour accéder au sésame... Jean-Daniel Pollet, avec POURVU QU'ON AIT L'IVRESSE (1958, 35mm transféré en vidéo, n&b, 20 min.) livre avec humour un document sans paroles mais en musique (mambo, cha-cha-cha, calypso...) sur les dancings et la solitude de prétendants cavaliers. Dans son premier film, LES MAUVAISES FRÉQUENTATIONS (1963, 16mm, n&b, 42 min.), Jean Eustache nous rappelle que le film de drague est tout un art : à Paris, deux jeunes hommes trainent dans les cafés, accostent une jeune femme, la baratinent, l'emmènent au bal, mais...
Un saut à Antibes en 1961 pour la coupe du monde du rock'n'roll (avec Vince Taylor et ses Play Boys, Les Chaussettes Noires, Les Chats Sauvages, Rocky Volcano, Les Satellites, Doug Folks et les Airdals) filmée au plus près par Henri Calef dans LE TEMPS DE LA FUREUR (n&b, transfert numérique d'après 35mm, 17min.), un crochet par New York pour participer à la fête psychédélique de ROCKFLOW (1968, 16mm, couleur, 9 min.) captée par le cinéaste et acteur underground Bob Cowan, et on finit au tapis avec TWIST PARADE (1962, n&b, transfert numérique d'après 35mm, 5 min.) de Jean Herman, une boule de nerf visuelle d'une modernité abrasive.
Une sélection de films musicaux des années 60, en projection 16mm, vient compléter le programme.


session 2

ERRATUM : la séance initialement annoncée le mercredi 18 avril a lieu le

jeudi 19 avril - 21h 



The History of the Typewriter recited by Michael Winslow (2009)


En guise d'introduction, THE HISTORY OF THE TYPEWRITER RECITED BY MICHAEL WINSLOW (2009, HD, couleur, 21 min.) de Ignacio Uriarte, comme son titre l'indique, revisite l'histoire de la machine à écrire au travers de ses spécificités sonores - cliquetis, frappes et sauts à la ligne - en un exercice vocal virtuose par l'artiste connu comme "the Man of 10 000 sound effects". PLASTIC & GLASS (2010, HD, couleur, 8 min.) de Tessa Joosse, entre symphonie industrielle et comédie musicale, filme la chorégraphie du travail à la chaine dans une usine de recyclage dans la grisaille du nord de la France, le choeur des ouvriers au travail s'élevant soudain, complainte belle et morne. Dans le ton relevé du cinéma-vérité, Jacques Godbout nous fait le portrait de FABIENNE SANS SON JULES (1964, 16mm, n&b, 27 min.), chanteuse franco-canadienne piquante qui poursuit de ses assiduités Jean-Luc Godard, tandis qu'avec STANDARDS (2010, HD, couleur, 16 min.), les Belges Maxime Pistorio & Julie Jaroszewski croquent avec malice les coulisses d'une soirée huppée où des musiciens de jazz se préparent à interpréter un répertoire de circonstance. Prêtons ensuite l'oreille, grâce au film de Guillaume André, UNE AUTRE VOIX (2009, HD, couleur, 55 min.), à la mutation physique et psychique de ces personnes qui ont choisi de changer de voix, parce que jugée problématique - trop fluette, forte, étrange voire anormale... À l'issue de la séance, il sera permis de discuter et même de chanter...



session 3
mercredi 25 avril - 21h



Juliette Gréco entre Marcel Pagliero et Raymond Queneau dans Désordre (1948)


DÉSORDRE : le Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre filmé par Jacques Baratier fourmille d'une faune irrévérencieuse, entre performance lettriste (Gabriel Pommerand), tour de chant surréaliste (Juliette Gréco dans les ruines) et jazz au Tabou. En 20 minutes, ce court métrage tourné en 1948 voit défiler Boris Vian, Simone de Beauvoir, Jean Cocteau, Orson Welles, Jacques Audiberti, Claude Luter, Roger Vadim et bien d'autres. On reste dans le registre du beat endiablé avec un slapstick désopilant de Lupino Lane, CASSE TON PIANO (1929, n&b, muet sonorisé, 10 min.), manifeste de la joie dans la destruction, et SOPHIE ET LES GAMMES (1964, 16mm, couleur, 13 min.) où Julien Pappé utilise des techniques d'animation mixte pour une farce aux accents pop à la Jean-Christophe Averty. Le New-Yorkais Jeffrey Scher emprunte lui à la technique du rotoscopage et du pochoir coloré dans trois films qui dansent, clignotent et virevoltent - REASONS TO BE GLAD (1980, 16mm, 4 min.), SYNEX & YOURS (1997, 16mm, 7 min.) et TURKISH TRAFFIC (1998, 16mm, 4 min.). Pour finir, c'est entre film noir et art combinatoire que se situe ARCANA (2011, DigiBeta, couleur, 33 min.) de Henry Hills, avec ses 254 scènes distribuées en 15 séquences, en un jeu ésotérique de correspondances visuelles orchestré par la bande-son de John Zorn.
Mais DJ Superlove ne vous laissera pas partir sans avoir goûté à quelques unes de ses spécialités vinyliques.


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Nous remercions pour leur contribution à ces séances : Samir, Kazak Productions, l'Agence du Court Métrage (Stéphane Kahn), Jack Stevenson, Jean Vautrin, Les Documents Cinématographiques (Hélène Maugeri), Ignacio Uriarte, Le Fresnoy, Maxime Pistorio & Julie Jaroszewski, Aurora Films, Light Cone, Sixpackfilm (Ute Katschthaler), Superlove

Par bg
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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 15:04

 

Retrouvez-nous sur www.monoquini.net !


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Trois photogrammes extraits de The End de Christopher Maclaine

BEAT GENERATION : DEUX FILMS

dimanche 1er avril 2012 - 16h

auditorium du CAPC Musée d'art contemporain de Bordeaux
7 rue Ferrère, Bordeaux
entrée 5 € (gratuit pour les abonnés et les amis du CAPC)
www.capc-bordeaux.fr

au programme :


THE END
Christopher Maclaine
(USA, 1953, n&b et couleur, 16mm transféré en vidéo, vostf, 35 min.)
PULL MY DAISY
Robert Frank & Alfred Leslie
(USA, 1959, n&b, 16mm transféré en vidéo, vostf, 28 min.)

une séance proposée par Monoquini dans le cadre du festival Cinémarges
 www.cinemarges.net


« Il y a maintenant un cinéma qui devient aussi difficile à traduire que la bonne littérature : Jack Smith, Ken Jacobs, Bob Fleischner, Christopher Maclaine... Le mot, ou pour être plus exact, la voix humaine est advenu(e) au cinéma. »
Jonas Mekas, Ciné-Journal, (Sur le cinéma vérité et la vérité de la voix humaine, 31 octobre 1963),
Éditions Paris Expérimental.

Cette séance convoque la présence au cinéma de deux figures de la Beat Generation, l’une emblématique et l’autre, carrément confidentielle.
En effet, on sait peu de choses sur la vie de Christopher Maclaine (1923-1975), un poète de San Francisco qui a publié quatre numéros du magazine Contour (1947-49) et édité trois recueils personnels, inédits en France :
The Automatic Wound (1948), The Crazy Bird (1951) et The Time Capsule (1960). Il a réalisé par ailleurs quatre films dans les années 50, The End (1953) étant programmé dans le cadre de Cinémarges. Il est mort misérablement dans un hôpital psychiatrique, des suites d’un parcours chaotique et suicidaire.
Le cinéma de Maclaine est l’expression la plus parfaite de la sensibilité beat à son origine. Actif dès les années 40 sur la scène de North Beach - the San Francisco Poetry Renaissance - , il a participé à des publications confidentielles au côté de Michael McClure, Robert Duncan, Kenneth Patchen et Philip Lamantia, et donnait des lectures de poésie lors de sessions rap tardives dans les cafés et les clubs de jazz.
The End, saga d’une apocalypse nucléaire imminente qui dépeint le dernier jour sur terre de six personnages errants, objet profondément inventif et déroutant pour son époque, sans doute la première manifestation d'une sensibilité beat au cinéma, est une redécouverte rendue possible grâce aux recherches du critique britannique Mark Webber et à la restauration des films effectuée par le Lux à Londres.

À l'inverse, Jack Kerouac est l’écrivain emblématique de cette génération en rupture avec l'Amérique puritaine et conservatrice des années 50, popularisé par le roman autobiographique Sur la route, qui voit le propos d’une pièce de théâtre inédite adapté à l’écran par Robert Frank et Alfred Leslie : c’est le célèbre Pull my daisy (1959), justement sous titré The Beat Generation, où apparaissent Allen Ginsberg, Gregory Corso, Peter Orlovsky, Delphine Seyrig, soutenus par la voix-off de Kerouac. D'après une anecdote de la vie de Neil et Carolyn Cassady, un diner auquel est invité un respectable vicaire finit dans le chaos comique le plus total avec l'irruption d'amis bohèmes plutôt imbibés et sans soucis des convenances.
Un des films indépendants qui marque significativement l'émergence du New American Cinema, dans le sillage de "l'appel en faveur d'un dérèglement de tous les sens" lancé alors par Jonas Mekas.

Chacun de ces films rappelle l'étymologie du terme beat : le premier, sombre, fragmenté, reflet du temps de la Guerre Froide, renvoie au sens argotique de "battu", "laminé", "cassé", quand le deuxième illustre la vision béate (béatitude, illumination, "satori"), cool (désinvolte), empreinte du beat (pulsation) du jazz, selon Jack Kerouac.

 


Peter Orlovsky, Gregory Corso et Allen Ginsberg sur le tournage

de Pull My Daisy de Robert Frank

Par bg
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 18:15

COUNTER


Diffusion en continu dans le vidéobox
inauguré dans le cadre de LENTEUR/VITESSE
du mardi 28 février au samedi 10 mars 2012

Médiathèque Castagnéra
1 Allée Peixotto - 33400 Talence

Renseignements : 05 56 84 78 90

 

 



COUNTER
de Volker Schreiner
vidéo | Allemagne | 2004 | n&b et couleur | 6 min.30 | diffusé en boucle

Volker Scheiner est un artiste et vidéaste passé maitre dans l'art des associations visuelles, créant de nouveaux récits en empruntant dans le répertoire infini du cinéma sous toutes ses formes, classiques ou obscures. Partant d'un thème donné, il va collecter séquences, images, détails empruntés à des sources préexistantes, constituant une mosaïque de références qui trouvent ainsi un nouveau sens formel.

 

Avec COUNTER, Schreiner va en l'espace de 6 minutes égrener un compte à rebours de 266 à zéro,
au travers d'un montage méticuleux de plans cinématographiques où apparaissent des nombres - horloges, compteurs, numéros de chambres d'hôtel, dates, additions, signalétique, panneaux et inscriptions diverses.
Il s'en dégage un suspense inédit parcouru de tonalités et de rythmes différents selon les emprunts
(film d'action, film pédagogique, film d'auteur...), stimulant la cinéphilie du spectateur
qui s'amusera à reconnaitre certaines pièces du puzzle.

 

Volker Schreiner est né en 1957 en Allemagne.
Son travail a été présenté et récompensé dans de très nombreux festivals internationaux de cinéma.
Il vit et travaille à Hanovre.

 


en partenariat avec le Forum des arts et de la culture de Talence

Par bg
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 22:47

 

KINETICA - Lieux d'expérimentations cinématographiques en Europe
vient de paraître aux éditions La passe du vent

 

 

KINETICA recense 31 lieux que l'équipe du Gran Lux a visités au cours d'un périple en Europe - à la fois des lieux de production cinématographique indépendants animés par des artistes et des espaces atypiques de diffusion et de projection - révélant ainsi la richesse d'un réseau informel et vivant.

Carnet de voyage et de rencontres, cet ouvrage commandé par le Ministère de la Culture et de la Communication souligne la vitalité des arts photochimiques contemporains et la pertinence de la pratique des supports argentiques en ce moment charnière dans notre histoire où s'impose le tout-numérique. Nulle nostalgie ou revendication de la souveraineté d'un support vis-à-vis de l'autre, mais rappel de la nécessité de faire coexister des approches et des savoir-faire, des modes de fabrication, de diffusion et de réception bien spécifiques. Dans le dossier que les Cahiers du Cinéma n° 672 de novembre 2011 consacrent à "la révolution numérique", Jean-Philippe Tessé rappelle que le support argentique (35 et 16mm, Super 8...), qui fonde encore notre relation intime au cinéma, offre un champ lexical qui a trait à l'ontologie de l'image cinématographique telle que la concevait Hervé Bazin : la fenêtre sur le monde, l'empreinte du réel, la révélation, l'impression, la persistance rétinienne... Une expérience sensible.
À l'heure où la norme digitale envoie à la casse le mécanisme subtil qui, depuis son invention il y a plus de 100 ans, entraine 24 blocs de temps et d'espace par seconde, produisant un événement de lumière sur un écran (l'ensemble du circuit commercial en France et dans le monde sera équipé en DCP d'ici fin 2012), KINETICA parcourt des espaces où l'image projetée reste encore une épiphanie chimique, un instant fragile et privilégié ; c'est un ouvrage qui nous invite à découvrir une écologie de lieux qui, de Berlin à Londres en passant par Bordeaux, nous offrent d'autres manières de voir.

 

 

Morceau choisi :

 

"Ce livre est un voyage. Repérer des étapes, organiser nos déplacements avec plus ou moins de logique : il fallait agir vite.
Si le vent de la précipitation nous a fait commettre des impairs, des oublis, des recadrages sauvages, qu’ils nous soient pardonnés.
Chacune de nos visites-éclair prit la forme d’une collecte. Photographier en rafales, faire connaissance illico, poser l’enregistreur-son sur la table, embarquer des documents, dormir ou pas chez l’habitant etc. : c’est avec cette matière que sont fabriquées ces pages.

La mission : faire le portrait de lieux habités par des acteurs du cinématographe. Trouver des architectures qui n’ont rien, ou plus rien, à voir avec le cinéma mais où prospère justement cet art jeune.
Partageant nous-mêmes cette expérience, ce fut l’occasion de pouvoir parler boutique.
Comment fonctionnes-tu ? Ce bâti, cet outil, comment l’avez-vous conçu ? Vos envies folles ? (Secrets de fabrications), mots, parole(s), codes, noms, marques, légendes, déroutes, cuisine… autant d’informations qui ouvrent sur un nouvel horizon.

Traverser ces dédales d’installations cinématographiques, de réappropriations équilibristes, c’est trouver la vitalité d’un art qu’une industrie ne sait plus ni fabriquer, ni diffuser. Si on ne se laisse pas tourner la tête par les chiffres, si on refuse la dépendance technologique, on découvre alors que le cinéma est une pratique libre et accessible. Comme celle d’un peintre.
Fabriquer un film, élaborer une programmation, tendre un écran, projeter des œuvres originales est un sacerdoce, une recherche passionnée toujours en mouvement (une pensée), un travail. Il a très peu à voir avec les canons, les labels, les habitudes mornes, les révolutions techniques si pratiques qui ne visent qu’une chose : l’uniformisation et son corollaire, le contrôle.

Ce guide, c’est l’arbre qui cache la forêt. Il permet d’entrevoir un vaste rhizome qui depuis des années se développe, s’organise (en parallèle). Passeurs, spectateurs, artisans, artistes, cinéastes, collectionneurs se réunissent à l’abri de murs anciens où les mécanismes de perception du cinématographe sont envisagés comme une expérience vivante qui n’a, à ce jour, livré que quelques-uns de ses secrets.
Cette communauté d’esprit n’est pas à la marge. Elle ne voue pas un culte à de vieilles lunes. Elle n’exploite rien. Surface sensible à la lumière, elle folâtre, toujours sur la piste de nouvelles investigations."

 

 

KINETICA
Lieux d'expérimentations cinématographiques en Europe

Collection Politiques culturelles et territoires
ISBN : 978-2-84562-189-3
(20 x 21 cm, 144 pages)

 

est disponible auprès de l'éditeur La Passe du vent
http://lapasseduvent.com/

 

ou de l'association Monoquini
info[at]monoquini[dot]net
T. 05 56 21 85 29

au prix de 12 € (+3,80 € de frais d'envoi)

 

Sa lecture peut-être prolongée par l'exploration des sites
www.kino-climates.org
et
www.filmlabs.org


 

Par bg
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 17:19

PROJECTION / RENCONTRE

 

dans le cadre de La Lune Verte

et de l'exposition   Par les temps qui courent  

de Simon Girault-Têtevide





LE PLEIN PAYS

un film d'Antoine Boutet 

(France / 2009 / DVcam / 58 min.)

 

 

Projection les jeudi 23 et vendredi 24 juin à 21h30


Monoquini _ 87 rue de Marmande _ 33800 Bordeaux
en présence du réalisateur
participation : 5 euros


Un homme vit reclus depuis trente ans dans une forêt en France. Il creuse en solitaire de profondes galeries souterraines qu’il orne de gravures archaïques. Elles doivent résister à la catastrophe planétaire annoncée et éclairer, par leurs messages clairvoyants, les futurs habitants.

Le film raconte cette expérience en marge de la société moderne, affectée par la misère humaine et la perte définitive d’un monde parfait.





"Le plein pays n’est pas plein, il est creux, rongé de galeries, de trouées. Sous la surface, il y a à voir, à dire même. À qui la faute ? Un individu solitaire, résident de quelque forêt française, s’y emploie. Sisyphe à l’envers depuis trente ans, il creuse le sol, s’engouffre au fond, orne les parois de ses grottes privées de gravures naïves, mythes personnels, bestiaires sommaires. Mais là n’est pas l’essentiel. Antoine Boutet ne s’attache pas au énième facteur Cheval, même si l’on voit le malheureux traîner ses masses de pierre, ni au pittoresque touchant d’un représentant de plus de l’art brut, même si l’expert commente par le menu sa production à la lumière d’une torche.
Ce serait davantage l’enfant sauvage devenu vieux. Et ce qu’il creuse, à la force de ses jambes, de ses bras, c’est lui, son antre, son intérieur, autrement dit sa voix, sa résonance, son écho – son plain-chant.
Toute la singularité du film tient exactement là : faire coïncider un jeu vocal, qui tire Brel du côté d’Artaud, avec un horizon tellurique. Le son ici est premier, miraculeux, et c’est de lui que s’étonne notre bavard Yéti. Passionné de radio, il écoute pour enregistrer sur un magnétophone précaire, répéter ensuite, réenregistrer. Sa passion ? Mener sa propre fouille archéologique, à la remontée de son passé, à la recherche de son pays."
(Jean-Pierre Rehm)


 

> La projection du PLEIN PAYS sera suivie d'un complément de programme surprise de 12 minutes.



À propos du réalisateur :
Antoine Boutet a étudié les arts visuels et participé à de nombreuses expositions depuis une quinzaine d'année. Ses films récents incluent le documentaire "Zone of Initial Dilution" (primé aux : Goias Environment Film Festival Brasil 2008; Iran Documentary Film Festival 2007; DaKino Film Festival 2007; Tampere Short Film 2007; Écrans Documentaires 2006; Traces de Vies 2006…) et "Conservation conversation" ainsi que les vidéo expérimentales "Utopia" et "Plus ou Moins". Il développe actuellement un projet de long-métrage documentaire en Chine "Sud Eau Nord Déplacer", produit par Les Films du Présent.

Par bg
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