Archive 2007 / No Beach Today



NO BEACH TODAY
Samedi 17 novembre 2007
TnBA
Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine
3, Place Renaudel – Proche Eglise Sainte-Croix

TRAMWAY : Ligne C, arrêt Sainte-Croix
BUS : Ligne 16, arrêt Place André Meunier


Pour l’inauguration de l’exposition If Everybody Had a Ocean, le CAPC Musée d'art contemporain de Bordeaux invite les associations MA ASSO (http://www.ma-asso.org/) et MONOQUINI à proposer un événement au Tnba en hommage au leader des Beach Boys, Brian Wilson. Dès l’après-midi, le décor sera planté dans le bar et le hall du Tnba.
Le musicien plasticien Arnaud Maguet est invité à y exposer une sélection d’œuvres graphiques, entre nostalgie d’un âge d’or du rock’n’roll et persistance d’une imagerie pop.

Le  disquaire indépendant Total Heaven  et la librairie-galerie La Mauvaise Réputation proposeront quant à eux  un choix significatif  de productions  et d'ouvrages propres à cet environnement artistique (pop, Tiki, surf, psychedelic art…).

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////



A partir de 16H – Hall et Bar du TnBA

Entrée libre

•    Scopitone a-go-go !
Un scopitone, juke-box perfectionné doté d'un écran de projection, semble avoir traversé le temps depuis l'aube des années 60 pour atterrir dans le bar du Tnba. Les visiteurs pourront choisir sur un clavier parmi les 36 sélections exotiques et franchement kitsch de films musicaux d'un temps révolu où l'on dansait le tamouré, le twist et le mambo.

 


scopitone-2.jpgRappel historique
Le scopitone, invention française des années 60 qui eut ses équivalents en Italie et aux Etats-Unis, était un juke-box sophistiqué doté d’un écran placé au-dessus du clavier de sélection permettant non seulement d’entendre, mais de voir l’artiste-interprète. Plus de 700 films (16mm, son mono sur bande magnétique) auraient été réalisés entre 1960 et 1967 afin d’alimenter ces imposantes machines aux antipodes de l'ipod qui connurent un succès spectaculaire.
Toutes les idoles des jeunes sont passées par ce mode de diffusion par le biais duquel certains cinéastes aujourd’hui reconnus ont fait leurs premières bandes (Robert Altman aux USA, Claude Lelouch en France), mais aussi de belles brochettes de vedettes d’un jour tombées dans l’oubli.
Cet objet de divertissement, révolutionnaire et très populaire en son temps, a fini par tomber en désuétude à la fin des années 60 avant de disparaître totalement des bars, des cafés et des boîtes de nuit, victime notamment du succés de la télévision dans les foyers.
Les cafés nord-africains ont perpétué jusqu’à la fin des années 70, avec une production musicale typique réalisée en Super 8, ce principe de juke-box cinématographique.
Le scopitone, autrefois largement répandu, est aujourd’hui devenu rare et survit grâce à l’intérêt que lui portent les collectionneurs (dont l’association Monoquini).
Au-delà de la nostalgie, le film de scopitone est un document sociologique qui nous renseigne sur la mode et les tendances d’une époque. Bien plus, l’esthétique propre au film de scopitone s’est perpétuée autant dans un certain cinéma underground (les frères Kuchar) que dans un cinéma nettement plus visible (David Lynch), et a inspiré à Susan Sontag l’un de ses essais les plus connus, « Notes sur le Camp ».
Outrance, insouciance, indigence, innocence… bienvenue dans le monde suranné et merveilleux du scopitone, l’ancêtre du clip musical.
(bg)

(ci-contre, le ST-16 dont un exemplaire similaire sera exposé dans le Tn'Bar. A l'écran, "Bon baisers, à bientôt" des Soeurs Kessler)

Pour tout renseignement concernant la mise à disposition de notre Scopitone (expositions, événements, soirées...),
veuillez contacter l'association Monoquini : info(at)monoquini.net



•    Surf now, Apocalypse later (Redux)
     un aménagement d'Arnaud Maguet & Olivier Millagou

     http://disques.rotin.free.fr


•    Safe Surf
     installation interactive

A l'orée des années 60, le cinéma Hollywoodien s'est très rapidement intéressé à l'engouement pour le surf et à l'un des loisirs préférés de la jeunesse américaine de la côte ouest : la fréquentation assidue des plages. Ainsi est né le "Beach Party Movie", genre éphémère et lucratif destiné aux teenagers qui, de "Gidget" (1959) à "How to stuff a wild bikini" (1965) a essaimé une dizaine de longs métrages. Loin, très loin des productions indépendantes et fauchées, tournées en 16mm par des pionniers passionnés tels que Bud Browne, John Severson ou Bruce Brown, l'exploitation holywoodienne de l'image du surf (plage et musique des Beach Boys, des Deltones et de Jan & Dean à l'appui) a largement contribué à faire de cette culture alors marginale un stéréotype pour les masses. Sun, surf and sex...
Invariablement, ces comédies sentimentales mettent en scène et en musique un duo de tourtereaux (le chanteur Frankie Avalon et Annette Funicello étant abonnés à ces rôles), entourés de jeunes hommes fringants et de jeunes filles en bikini prêts à danser le Watusi au moindre prétexte, sur fond d'océan, de paillottes de style hawaiien, de planches de surf colorées plantées dans le sable et bien sûr, d'été éternel. De jeunes rebelles qui ont troqué le blouson de cuir noir contre l'huile solaire et le rock'n'roll contre la surf music, livrent la séquence incontournable de glisse sur des vagues très pacifiques. On roule des yeux quand à l'écran, un gang de surfers part à l'assaut d'une mer absolument calme, que les raccords sont tournés dans une piscine et que les protagonistes sont filmés, épaules et visages vaporisés d'eau, cheveux légèrement animés par la brise d'un ventilateur hors-champ, oscillant sur fond de grosses vagues projetées en fond d'écran.
Ce procédé élémentaire, bien peu soucieux de réalisme et aux effets quelque peu cubistes, est reproduit pour une installation accessible librement aux visiteurs de NO BEACH TODAY : une planche de surf mécaniquement animée en un lent mouvement oscillant, deux ventilateurs recréant artificiellement la brise et les embruns, un fond de vagues impétueuses projetées en vidéo sur un écran en arrière-plan.
Une cabine de bain sera prévue pour celles et ceux qui désirent tenter l'expérience en maillot.
A l'instar du procédé en usage dans les "Beach Movies", l'usager sera filmé en vidéo, cadré en pied, et la scène sera simultanément projetée dans un autre espace du TnBA.
Ainsi, chacun pourra, loin de la plage, surfer en intérieur et en toute sécurité. Si ce ne sont pas les bordelais qui vont à la plage, c'est la plage qui viendra à eux.
If everyone had a surf-board...
(bg)

Installation réalisée avec le concours d'OXBOW

bg.JPEGamaguet2.JPEGdjamel2.JPEGkinghawaii1.JPEG



Tranquillement installé dans des chaises longues, le public pourra également s’offrir un bain musical exotique grâce à Otto & Clara qui dévoileront leur collection de vinyles de rock’n’roll, calypso et cha cha cha sur des électrophones Teppaz d’époque.

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////


18H – Salle Jean-Vauthier
CINÉMA

Tarif unique : 3 euros
Gratuit pour les filles en bikini (salle chauffée)

séance unique !

•    THE BEACH BOYS IN LONDON
      de Peter Whitehead (GB, 1966, 16mm transféré en DVD, couleur, 30 minutes)

Dès 1964, Brian Wilson avait exprimé son incompatibilité avec les apparitions scéniques et se démarquait sensiblement des préoccupations puériles des autres Beach Boys. Il mit à profit cette période agitée de semie retraite pour expérimenter en studio et composer ces stupéfiants chef-d'oeuvres réunis dans l'album "Pet sounds". C'est donc sans lui que les Beach Boys partirent en Angleterre pour une tournée triomphale - Brian brillant paradoxalement par son absence. C'est le sentiment qu'on a devant les images prises sur le vif par l'indispensable cinéaste-chroniqueur de la scène pop britannique de l'époque, Peter Whitehead, et le commentaire de Marianne Faithfull. Le film ne fut jamais achevé et les bobines reposèrent sur les rayonnages pendant 40 ans. Il s'agit donc d'un document brut et d'une grande rareté, où l'on assiste à l'arrivée du groupe à Londres, le 6 novembre 1966, suivant Al Jardine et Dennis Wilson chiner des instruments de musique chez un antiquaire de Portobello Road, et captant le groupe en concert à l'Odeon de Finsbury Park.(bg)

Courtesy Contemporary Films, London.

    PACIFIC VIBRATIONS
     de John Severson (USA, 1970, 16mm, couleur, 1H31)

PacificVibrationslobby8.jpg

Il existe une pléthore de films consacrés au surf, mais bien peu peuvent se targuer d'une aura aussi enviable que celui-ci. Avec THE ENDLESS SUMMER de Bruce Brown (1964), PACIFIC VIBRATIONS est un classique-culte du genre, à la différence qu'il est devenu introuvable... et donc invisible.
John Severson, un pionnier dans la diffusion de la pratique du surf aux Etats-Unis dès les années 50 (surfer réputé, photographe, cinéaste, il est aussi le fondateur du mythique "Surf Magazine") a réalisé ici une sorte de manifeste pop de la philosophie du surf; ode à l'océan ("la plus imposante manifestation de la nature en mouvement"),  constat précoce des désastres écologiques, on a comparé PACIFIC VIBRATIONS à "Woodstock sur une vague" dont il est contemporain. Les rencontres avec des figures légendaires du surf (Mickey Dora, Greg Noll, Bill Hamilton, Rick Griffin...), la maitrise des prises de vue, un montage dynamique et les traitements de la pellicule comme autant de remontées d'acide lysergique, font de ce film atypique un véritable trip temporel, pour les amateurs de surf autant que pour les cinéphiles. (bg)

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////


21h - Salle Jean-Vauthier
CONCERTS

GREG DAVIS (Etats-Unis / Folkelectronique) création
Faite de pop californienne, de sons concrets, de sons de guitares retraitées, employant les techniques de field recording et mélodies minimales et répétitives influencées par Cage, la musique de Greg Davis évoque une promenade bucolique.
http://www.autumnrecords.net/



THE HIGH LLAMAS (Irlande / pop) création
Sean O’Hagan est un entêté. Il creuse, laboure, défriche la même terre depuis une bonne dizaine d’années : Charles Ives, Ennio Morricone et Brian Wilson, avec ses High Llamas. Cordes et cuivres encadrent chaque chanson, guidés par une guitare acoustique ou un piano, et par la voix toujours aussi douce et diaphane de Sean O’Hagan. L’électronique chahute les arrangements. Les chansons de The High Llamas exhalent un doux parfum de sable chaud.
 http://www.highllamas.com



CHRISTIAN FENNESZ (Autriche / électronique) création
Reconnu comme un des plus grands musiciens expérimentaux, Fennesz compose une musique atmosphérique et dépouillée. A partir d'une guitare et d'un laptop, cet Autrichien, guitariste de formation, produit une électro à la fois minimaliste et mélodique. "Before I Leave", extrait de l’album « Endless Summer » (Mégo/2001) est un bug, ou selon le vocabulaire ancien, une obsession pour l’œuvre de Brian Wilson, le héros malheureux des Beach Boys. De ce disque des mille fois écouté ne reste qu’une micro-boucle, dernière trace d’une mélodie pulvérisée et aujourd’hui insaisissable.
Plus qu'à une déconstruction de la pop des Beach Boys, l’album « Endless Summer » nous convie à une de ses aliénations, à une de ses plus radicales et plus passionnantes mutations. Fennesz construit ses mélodies en pulvérisant les sons, en atomisant les nappes de guitares et les granulations abstraites. Les boucles mélodiques y gagnent en précision, en rigueur. Parfois, un vibraphone ou une guitare refont surface et montrent enfin clairement leurs parures entre les effets de filtres résonants et les saturations qui font le corps tout en matière de la musique. Fennesz nous suggère des atmosphères visuelles extrêmement puissantes avec trois fois rien, avec une nappe saturée et une mélodie miniaturisée puis redistribuée de manière plus ou moins aléatoire (A Year in a minute), trois notes d'orgue mises en boucles à l'infini (Happy audio), un CD de Brian Wilson en mode "Cue" (Before I leave). Pour les amateurs de sensations nouvelles, de pureté électronique et de recherche musicale pointue…
http://www.fennesz.com




///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Remerciements / acknoledgments :
L'association Monoquini aimerait remercier les personnes et les structures sans lesquelles la soirée No Beach Today n'aurait pu avoir lieu : Hélène Perret, Eddie Ladoire, Dominique Labeyrie, Franck Bourdères, Sabdam, Claire Gausse : le noyau dur !
l'équipe du TnBA; Sylvain Mavel au CAPC; Alex Recht / Werkstaatkino; Eric Liknaitzky / Contemporary Films; Alexandre Ponot / OXBOW; Bernard Vanrast / Select-Otomatic; Dimitri Korchonnoff, Bernard Moulin, Scott Starr, Charles Psota, Stéphane Abboud le Projectionniste pour les coups de main miracles, ainsi que tous les amis & bénévoles qui se reconnaitront.
Aloha !