MICROSTORIES # 6

Publié le par bg

 

Marie-Eve Nadeau dans La richesse du loup

 


JEUDI 16 MAI 2013
21H
CINÉMA UTOPIA
5 Place Camille Jullian, Bordeaux

Tarif : 6 € ou ticket d'abonnement


Séance présentée par Bertrand Grimault,
en présence de Damien Odoul et de Marie-Eve Nadeau.



LA RICHESSE DU LOUP
de Damien Odoul
(France / 2012 / Couleur / DV Canon 5D / 1h26)

Du jour au lendemain, un homme disparaît, laissant derrière lui un carnet de notes et les cassettes vidéos tournées durant les sept dernières années de sa vie.
Sa compagne, considérant d'abord ces centaines d'heures de rushes "comme une tête coupée dans un carton", tente de démêler les paroles inachevées, d'interpréter les images éparses, les éclats faits d'urgences et de lenteurs : de rassembler les fragments de ce puzzle humain afin de comprendre et accepter la disparition de l'homme qu'elle aime. De voir par ses yeux.


À ce jour inédit sur les écrans français, le dernier film du réalisateur du Souffle (2001), splendide œuvre inaugurale, et d'une brassée de films courts et longs dont le souvenir nous hante durablement, a des allures de confession. Un autoportrait à peine voilé qui, par le biais d'images brulées, heurtées ou délicates, témoigne de la nécessité d'affronter ses démons, de se rêver une histoire, de se réinventer, de (re)trouver enfin le chemin vers soi.
Cinéaste-poète animiste, bucheron et pyromane à l'occasion, Damien Odoul capte les brumes de son pays imaginaire, le tellurisme des paysages en France et au Japon, une aube, les caresses de la lumière, les êtres de rencontre, les dépouilles animales, il compose en un mélange d'âpreté et de douceur une cosmogonie à la fois personnelle et universelle...
"Le plus précieux trésor s'obtient sans supplier", affirme ce film qui s'adresse à nous comme une lettre intime.
Une méditation sur l'impermanence des choses, la fragilité de l'existence et la beauté de l'instant, pierre de touche d'une filmographie extrêmement personnelle, discrète et bouleversante.





Un portrait de Damien Odoul
par Bernard Payen


"Depuis 1988, Damien Odoul fait des films, courts et longs métrages, des films de terre et de pluie, des films de vent et de feu, violents et doux. Ses personnages principaux, souvent masculins, sont des êtres de fuite qui finissent toujours par affirmer leur liberté, tout en étant conscients de la fragilité du temps qui passe, à la fois hédonistes et mélancoliques.
Blessés, solitaires, mutiques, volubiles, ils sont toujours en alerte, mus par une énergie insoupçonnée, l'énergie de la dernière chance.
Enfants rêveurs, adolescents inquiets, adultes menteurs ou éperdus d'innocence, rendus "plus forts par ce qui ne les a jamais tués", ils chutent pour mieux se relever. Ils ont le sens de la résistance, brûlent pour mieux renaître.
Les êtres de chair et de sang imaginés par Odoul ont des reflets mythologiques. Le champ des possibles est immense pour eux, ils attendent leur heure, bonne ou mauvaise, avec sagesse ou impatience. Ce sont les derniers burlesques, jouant leur vie comme on joue de son corps, avec le sentiment aigu de ne rien devoir à personne, se jetant à corps perdu dans l'aventure de la vie, privilégiant l'intensité du moment.
Ces personnages rares et bouleversants, qui font intimement partie de lui, Damien Odoul les filme avec énergie, précision, audace. Son cinéma, hanté de visions sensibles et lyriques, bouleverse car il permet la renaissance de notre regard de spectateur. Grâce à lui, nous réapprenons à voir la beauté d'un rayon de soleil sur la peau blanche d'une jeune femme ou l'intensité d'un visage qui s'éveille et se tend, à sentir la respiration d'un ciel qui attend l'orage, à savourer le timbre d'une voix.
Le cinéma de Damien Odoul nous réapprend à voir dans un monde saturé d'images. Il est fait d'intelligence et d'intuition, composé des sensations poétiques retrouvées de notre enfance. C'est un cinéma de l'emporte-pièce, sans fioritures, allant immédiatement à l'essentiel - un cinéma en prise de risque permanent, qui aime les contrastes, parlant sans cesse de la mort comme on parle de la vie."

"Je suis celui qui a vu, je pars vers les ténèbres et je n'ai plus peur" (in L'Histoire de Richard O)

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Également : LES BARBOTS (1995), LA FOLLE PARADE (2001), EN ATTENDANT LE DÉLUGE (2003), avec Pierre Richard et Anna Mouglalis. Projection de trois films de Damien Odoul, en sa présence, les 17 et 18 mai pour Playtime Vauclaire, dans le cadre de Désordres passagers, une exposition-restitution de résidence de Marc Vernier au centre hospitalier de Vauclaire, à Montpon-Ménestérol (Dordogne).
Informations complémentaires : http://marcadi.tumblr.com/

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