sound & the city

Publié le par bg

sound & the city

films + concert
mercredi 19 mai 2010 _ 20H30


Dans la continuité de la programmation artistique qu'elle tisse depuis des années en lien avec les questions d'espace et d'architecture, d'environnement et d'écologie sonore (école d'architecture et de paysage de Bordeaux, projet Corpus en partenariat avec l'OARA...), l'association Monoquini propose une nouvelle rencontre articulant expériences musicales et filmiques.
SOUND & THE CITY convie le spectateur à une ballade imaginaire dans les ambiances sonores des villes.
S'inscrivant dans l'espace singulier d'une friche artistique, imprégnée d'une mémoire propre, la programmation témoigne d'approches urbaines où la perception auditive est véhicule de fictions et créatrice d'images, où la rumeur de la ville et la parole de ses habitants élaborent une architecture mentale.
Puisant à la source du réel, les œuvres présentées se teintent d'une dimension personnelle, subjective, pour nous conduire sur les chemins sensibles de l'écoute, où l'environnement devient tout autant corps que matériau.



SOUND & THE CITY
m o n o q u i n i
87 rue de Marmande – Bordeaux / Nansouty
ouverture des portes : 20H
entrée : 10 € / adhérents : 8 €




projection en continu durant la soirée

LOST SOUND

John Smith & Graeme Miller
(GB, 2001, vidéo, 28 min.)

 

 

LOST SOUND constitue une empreinte des particularités et de la temporalité d'espaces urbains, sous la forme de bandes magnétiques trouvées au cours d'expéditions dans le quartier d'East London. Les fragments sonores provenant de ces cassettes audio, mélangés aux bruits ambiants, constituent l'accompagnement des images filmées à l'endroit de leur découverte. Partant d'un geste esthétique simple, il s'agit d'une sorte d'enquète où des artefacts culturels, abandonnés et brisés, livrent un ultime message. Visuellement, les débris de cassettes et les bandes enroulées autour du mobilier urbain sont muets; sauvés du trottoir, leur "décodage" ultérieur en fournit la bande son correspondante.
La combinaison de l'image et du son, à l'instar de BLIGHT, autre film de John Smith réalisé à la même période avec les témoignages de résidants assistant à la destruction de leur quartier, renvoie à une dimension documentaire, soulignant indirectement la topographie changeante du paysage londonien; ici, les musiques en provenance du Moyen-Orient ou d'Afrique nous renseignent sur les communautés en présence. L'échelle choisie par John Smith pour évoquer un territoire et ses habitants est celle du détail, du fragment, de l'éphémère et de l'impermancence des choses.


20H30
projections

PETER IN RADIOLAND 

Johanna Wagner

(GB, 2009, vidéo, vostf, 10 min.)

Mention Spéciale 1er Film, Cinéma du Réel 2010



À 63 ans, en arrêt maladie, Peter, le père de la réalisatrice, passe de longues journées seul, à contempler son passé, à se replier dans ses souvenirs. Son monde est définitivement analogique, peuplé d’images super 8, de sons de vieux postes à transistors, de téléphones à cadran, de talkies-walkies inaudibles, du cliquetis d’une machine à écrire mécanique – autant d’objets qui le renvoient à des souvenirs de sa jeunesse, de son enfance. Le numérique l’effraie. Il ne le rattache à rien. Qu’est-ce qu’un monde fait de 1 et de 0 ? Il supporte encore moins la dépendance d’autrui dans laquelle le digital l’enferme. L’analogique, c’est la liberté. Cette liberté l’isole de plus en plus… (Yann Lardeau)


A NECESSARY MUSIC

Beatrice Gibson
(GB, 2009, vidéo, vostf, 29 min.)
En collaboration avec le compositeur Alex Waterman.
Narration de Robert Ashley.
Tiger Awards for Short Film, Rotterdam Film Festival 2009


 

A NECESSARY MUSIC, sous-titré "un film de science-fiction à propos du logement social moderniste", est un film d'inspiration musicale qui se réfère aux opéras-vidéo de Robert Ashley.
Il explore l'imagerie sociale d'un paysage utopique au travers des voix qui l'habitent.

Roosevelt Island est une petite bande de terre entre Manhattan et Queens, reliée par le Queensborough Bridge. Connue initialement sous le nom de Welfare Island, où étaient situés le plus grand asile psychiatrique de New York, un petit hôpital recevant les malades atteients de variole et tout un ensemble carcéral géré par la municipalité au cours du XIXème siècle, elle accueille désormais un des projets de logement social moderniste les plus visibles de la ville, quoique peu connu.
Objet de plusieurs concours architecturaux expérimentaux durant les années 60 (un casino flottant, un musée d'art Egyptien, un cimetière, un parc d'attraction...), son statut actuel est du au plan de Philip Johson, proposant un métissage de populations regroupées sous forme de communautés utopiques : une enclave bucolique de béton, divisée en trois segments résidentiels.

Le film sert ici de support à une proposition musicale et à une production collective, où les résidants de Roosevelt Island sont à la fois auteurs et acteurs, rassemblant les textes qu'ils ont écrits et en construisant un scénario. Dix-sept résidants interprètent ces textes, entremélés d'extraits du récit fantastique d'Adolfo Bioy Casarès, "L'invention de Morel", activant ainsi le site sous l'angle de la fiction. D'un postulat réaliste - une investigation sociale - le film dévie vers l'imaginaire - une fiction ethnographique.

 

 

 

21H30
concert

AKI ONDA

 

Né à Nara au Japon en 1967, Aki Onda a grandit au sein de ce qu'il qualifie d' "environnement excentrique". Etudiant très jeune la peinture et la photographie, il quitte l'école à 16 ans afin de couvrir la bouillonante scène musicale japonaise pour des magazines spécialisés à Osaka et Kyoto.
Cette expérience riche en rencontres l'amène à acquérir un ordinateur et un échantilloneur pour se livrer à ses propres expérimentations sonores. En 1990, il fonde le groupe Audio Sports avec Yamatsuka Eye (Boredoms, UFO or Die, Naked City) et Nobukazu Takemura, et a depuis multiplié les collaborations avec un grand nombre d'artistes dans le domaine de l'expérimentation et de l'improvisation musicale contemporaine, dont Michael Snow, Ken Jacobs, Alan Licht, Loren Connors, Oren Ambarchi, Noël Akchoté, Jac Berrocal, Linda Sharrock, Shelley Hirsch...

 

A Londres, puis à New York où il vit aujourd'hui, il inaugure une série de paysages sonores très personnels qu'il nomme "radio dramas". Ce sont des récits de la vie quotidienne, composés de bribes d'enregistrements en milieu urbain, de fragments sonores prélevés dans l'environnement, de textes et d'expérimentations électro-acoustiques. Il mène depuis quelques années le projet "Cassette Memories", sorte de journal sonore intime de ses voyages et flaneries urbaines, appréhendant le son dans toute sa dimension documentaire, en une musicalisation du réel.
Parallèlement, sous l'impulsion de Jonas Mekas qui organise deux de ses expositions photographiques et l'encourage dans sa démarche, il développe le projet Cinemage, un diaporama évolutif conçu pour être accompagné en live par des guitaristes improvisateurs.

 

Pour son concert Bordelais en solo, Aki Onda propose une performance pour Walkmans et traitement électronique, en ayant recours à des amplis vintage à lampes à la sonorité si spécifique.


"Enregistrement / effacement : le magnétophone comme instrument de diffusion lo-fi, recourant au scratch magnétique, aux possibilités offertes par les touches d'avance et de retour rapide, comme métaphore de la mémoire humaine et de ses imperfections." (Benoît Deuxant)

 

Site internet
www.akionda.net



22H15
projection

C'EST PLUTÔT GENRE JOHNNY WALKER

Olivier Babinet
(France, 2008, 35mm, 26 min.)
Sélectionné au Festival de Cannes, Prix du Jury Festival de Clermont-Ferrand 2009


 

Les hautes barres d'immeubles se dressent tout autour et constituent l'unique horizon. Quelque part au delà du périph' parisien, Etienne contemple cet unique paysage, ressassant une incapacité à sortir du marasme et à donner un sens à ce morne quotidien, celui d'un trentenaire qui se lève tard et n'a plus trop d'illusions. Une même incommunicabilité tenace s'est établie dans son couple.
Etienne et son ami Bip, musicien porté sur le space rock et les boucles lancinantes, se retrouvent un soir chez ce dernier. Expérimentant une substance inconnue commandée sur internet, ils semblent se retrouver prisonniers d'un déjà-vu, condamnés à se voir reproduire les mêmes événements, eux-mêmes mis en boucle, samplés, digitalisés... la pilule est dure à digérer, et nos deux protagonistes, galériens des mêmes gestes et situations, entreprenent de briser ce cercle flippant, en décidant simplement de rentrer chacun chez soi.
A la lisière de la fable sociale et du récit de science-fiction à la Philip K.Dick, où les drogues hallucinogènes peuvent avoir des vertus émancipatrices, permettant de se libérer du fonctionnalisme asservissant de la société, mais peuvent aussi conduire à une existence atrophiée, à une dissolution du réel, voici un film atypique à l'humour subtil qui nous fait traverser des miroirs, mais dont le vrai sujet est l'amitié. Car qu'est-ce que l'amitié, sinon avoir toujours les mêmes conversations, idiotes ou sensées, écouter les mêmes musiques et parler toujours des mêmes films ?
> D'après un article de Stéphane du Mesnildot, Repérages 67 / Hiver 2010

 

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Remerciements : Satoko Fujimoto (Prelerecords), Antoine Calafat, Argos, LUX, Ferris & Brockmann, Johanna Wagner, Cinéma du Réel/BPI.
Partenaires : A suivre...Lieu d'art, Newloc (www.newloc.net)

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