Dystopia Films

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DYSTOPIA


CAPC Musée d'art contemporain de Bordeaux
12 mai - 28 août 2011
www.capc-bordeaux.fr/programme/dystopia



Après ses deux très remarqués ouvrages de science-fiction Venusia (2005) et Mercury Station (2009),

l'écrivain Mark von Schlegell a été invité par le CAPC à écrire le synopsis d'une grande exposition consacrées aux dystopies (contre-utopies) contemporaines.
L'association Monoquini propose trois soirées de projections dans ce cadre.



Image extraite du film Slow Action, Ben Rivers (2010)



Dystopia Films # 1

Mercredi 25 mai 2011 / 19H / auditorium du capc

FILMS DE BEN RIVERS
En présence du cinéaste et de Mark von Schlegell.


 

Ah, Liberty! (GB / 2008 / 20 min / 16mm scope / n&b)
Tiger Award, Rotterdam International Film Festival 2008.


 

Slow action (GB / 2010 / 45 min / 16mm scope / couleur + n&b / vostf)


 

Né en 1972, vivant et travaillant à Londres, Ben Rivers est un artiste britannique salué dans son pays et récompensé dans de nombreux festivals internationaux.

Son travail repose principalement sur la production de films, qu'il donne parfois à voir sous forme d'installations.
L'artiste tourne avec une caméra mécanique 16mm Bolex, utilisant principalement la pellicule noir et blanc qu'il traite artisanalement dans son atelier-laboratoire, mais également la couleur. Cette manipulation chimique soumise au hasard donne une qualité et une profondeur particulières à ses images. La démarche solitaire de Ben Rivers, en dehors des modes conventionnels de production cinématographique, implique une économie où l'artiste est tout à la fois réalisateur, cameraman, laborantin, monteur, c'est-à-dire un engagement fort et une maîtrise de l'ensemble du processus de création.
Ses sujets de prédilection sont les zones en marge de la civilisation contemporaine, les mondes clos ou préservés, et les individus qui parfois les habitent.
A la lisière du documentaire et de l'ethnographie, Ben Rivers emprunte une voie toute personnelle, plus picturale que narrative.
Il est au cœur des enjeux contemporains où l'on constate l'émergence sensible d'une approche documentaire expérimentale qui se nourrit d'apports artistiques multiples, puisant à la source de la fiction et d'une vision subjective : une forme hybride qui se déplace de la traditionnelle salle de cinéma ou de l'écran de télévision pour s'exposer dans les centres d'art.


Les films présentés ans le cadre de cette séance s'inscrivent dans un cycle intitulé "Post-Post Apocalypse".


AH, LIBERTY ! porte un regard sur une famille vivant au milieu de nulle part, en dehors du temps; animaux et enfants en liberté, détritus et nature, sur fond d'un paysage sublime.


SLOW ACTION se présente comme un film de science-fiction apocalyptique réunissant un ensemble de quatre sections tournées en 16mm, entre le documentaire, l'étude ethnographique et la fiction.
Dans la continuité du travail de Ben Rivers, explorant des environnements étranges ou extraordinaires, SLOW ACTION applique la notion de biogéographie insulaire - l'étude de l'évolution des espèces et des écosystèmes isolés au sein d'un milieu hostile - à la conception de la vie sur terre dans quelques centaines d'années, l'accroissement du niveau de la mer ayant créé des zones où apparaitraient de possibles micro-sociétés.
Le film se déroule dans divers sites autour du globe : Lanzarote, une île paradisiaque connue pour ses plages et néanmoins un des lieux les plus secs de la planète, parsemée de volcans éteints et d'architectures étranges; Tuvalu, un des plus petits pays du monde, strié de fines bandes de terre surnageant à peine au dessus du niveau des eaux, au milieu du Pacifique; Gunkanjima, une île proche des côtes de Nagasaki au Japon, une ville désertée construite sur un rocher, qui abritait des milliers de familles de mineurs y extrayant ses importantes réserves de charbon; et Somerset, une île qui reste à découvrir...
Le commentaire signé par Mark von Schlegell détaille l'évolution de chacune des îles en fonction de leurs conditions géographiques, géologiques, climatiques et botaniques, réunissant les informations qui permettront de reconstituer ces mondes en voie de disparition.


http://www.benrivers.com

 

Dystopia Films # 2

 

Mercredi 1er juin 2011 / 19H / auditorium du capc


PLASTIC AND GLASS
Tessa Joosse
(France / 2010 / vidéo / couleur / 8 min)


Entre symphonie industrielle et comédie musicale, la chorégraphie du travail à la chaine dans une usine de recyclage dans la grisaille du nord de la France.

Le choeur des ouvriers au travail s'élève, à la fois morne et poétique complainte des gestes sans cesse répétés. L'antithèse des films de propagande soviétique à la gloire du fier ouvrier, porté par la promesse d'un avenir meilleur. Ici, le monde se manifeste au travers de ses déchets.


PARADISE LATER
Ascan Breuer
(Autriche/Indonésie / 2010 / vidéo / couleur / 13 min / vostf)



Évocation du roman de Joseph Conrad,"Au cœur des ténèbres", PARADISE LATER est le rapport en voix-off d'un représentant de commerce, qui délivre au conseil d’administration d’une entreprise un discours émaillé de doutes et d’accusations, se superposant aux images du cours indolent mais souillé d’un fleuve tropical.


DEAR STEVE
Herman Asselberghs
(Belgique/Pays-Bas /2010 / vidéo / couleur / 45 min / version anglaise stf)



"Le Steve du titre est le destinataire d’une lettre que lui adresse Herman Asselberghs par le biais de ce film. Le Steve du titre est le prénom de M. Jobs, célèbre cofondateur d’Apple. On ne le verra pas à l’écran, mais en revanche on passera du temps en compagnie d’un ordinateur fabriqué sous sa licence. Car il s’agira de décacheter cet objet. De le sortir de sa boîte, d’abord, flambant neuf, puis de patiemment l’ouvrir lui-même, le désossant petit à petit jusqu’à ses composants les plus minuscules. Dans cette opération, l’unique protagoniste à l’image reste posé, méticuleux, on devrait dire professionnel. Si la missive lue en off entreprend une critique raisonnée de cet outil présent désormais dans presque tous nos foyers, aussi familier qu’un animal domestique, jamais elle ne cède à l’emportement. De même, le lent potlatch pratiqué devant nos yeux sur l’objet ressemble à une autopsie scientifiquement conduite.
Herman Asselberghs ne manque pas d’humour. Il est certes à froid, comme une vengeance mûrement préméditée. Le plus drôle, dans cette affaire, c’est que l’ordinateur ainsi déployé, écho à la fameuse longue scène de débrayage du HAL de l’Odyssée kubrickienne, n’a rien révélé de ses secrets, et continue à fasciner, large mosaïque à plat de notre byzantinisme contemporain."
(Jean-Pierre Rehm / FID 2010)


ALL TOGETHER NOW
Harry Dodge & Stanya Kahn
(USA / 2008 / vidéo / couleur / 27 min)



Un récit de survie dans un monde dévasté mais familier, cousin fauché de films d'horreur tels 28 jours plus tard ou Cloverfield.

Des tribus sauvages sont les seuls habitants d'un Los Angeles décimé, subvenant à leurs besoins sur les débris encore fumants de la civilisation.
Stacey Kahn interprète une sorte de femme des cavernes portant jeans à la mode et chemise, affublée d'une petite radio qui diffuse de la musique funk et rock'n'roll, dans ses errances à la recherche d'eau, de nourriture et d'objets utiles, en plein paysage apocalyptique.
ALL TOGETHER NOW brasse allègrement les genres, les archétypes et les anachronismes :
Kahn fait partie d'un clan qui n'a pas oublié les plaisirs du sauna, quand un garçon de cette étrange famille regarde de son côté "Yellow Submarine" à la télé...
Parallèlement, un autre clan aux visages recouverts d'une capuche et vivant dans un repaire chaotique, se livre à des activités absurdes et à l'agitation sexuelle... Ils remplissent des sacs de terre, détruisent des meubles à coups de masse, et exercent une surveillance constante sur le monde extérieur à l'aide de leurs ordinateurs portables...
Le film ne présente aucune continuité narrative, les dialogues et commentaires sont absents.
La relation entre les clans n'est jamais explicitée, mais laisse entendre qu'en dépit de la dévastation, il y a nul conflit, qu'au contraire un monde peuplé d'une nouvelle humanité sans langage articulé ou culture est en train de renaître.


 

Dystopia Films # 3 

Mardi 28 Juin / 20H15
Cinéma Utopia

 


HINTERLAND
Marie Voignier
(France / 2009 / vidéo / couleur / 50 min / vostf)



À 70 km de Berlin, sur un ancien site militaire dans la campagne est-allemande, se dresse un immense dôme de 66 000 m² aux allures de vaisseau spatial :

il abrite Tropical islands, un parc artificiel constitué d'un lagon et de sa plage de sable blanc, d'une jungle aseptisée et d'édifices d'inspiration asiatique, accumulant les simulacres d'exotisme. Cette architecture spectaculaire témoigne du basculement où l'aspiration à la mobilité et à la pluralisation des activités de loisir tente de s'affranchir des contraintes de l'espace et du temps. À proximité, les habitants du village de Krausnick témoignent des contrastes historiques et des contradictions politiques des soixante dernières années, du passage du socialisme au capitalisme, d'une conception du monde à une autre.


 

MARDI 28 JUIN / 21H30
Cinéma Utopia

Avec un échange entre Christian von Borries, réalisateur, et François Cusset, historien des idées.

 

THE DUBAI IN ME
Christian von Borries
(Allemagne / 2010 / vidéo / couleur / 78 min / vostf)



Au travers d'un montage de clips promotionnels, de publicités immobilières réalisées en images de synthèse, de séquences trouvées sur internet ou sur la plateforme Second Life, Dubaï apparaît dans toute sa surenchère, métaville sans racines historiques surgie du sable des bords du Golfe persique en moins de vingt ans, devenue capitale économique des Émirats arabes unis et première bénéficiaire des conflits au Moyen-Orient. Fabrique du luxe le plus outré, rêve artificiel pastichant à une échelle démesurée les styles ornementaux des quatre coins du globe et la vie mondaine des grandes métropoles, Dubaï est un vaste mirage qui repose sur la seule loi du profit, sur la généralisation du loisir touristique et de la consommation haut de gamme - une société néoféodale exploitant la main d'oeuvre bon marché en provenance de l'Asie du Sud-est, parangon d'un Islam capitaliste sans vie sociale ni classe moyenne.

 

Tarif pour les deux séances : 8 €
Tarif par séance : 6 € / 4, 50 € abonnés Utopia

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