Bal perdu ?

Publié le par bg

BAL PERDU ?

films, scopitones & drinks 

une séance de cinéma où l'on peut danser


aux Lectures Aléatoires
19 rue des Augustins, Bordeaux (Quartier Victoire)

entrée : 5 €


Vous souvenez-vous du nom du petit bal perdu ? Ce dont on se souvient, c'est de cette chanson mélancolique de Robert Nyel et Gaby Verlor interprétée par Bourvil, fantaisiste abonné aux rôles de naïf qui soudain apparaissait la voix tremblante et le regard embué. Évocation d'un dancing fantôme qui appelle d'autres images, fixes ou mobiles, ces films où les relations humaines se tissent ou s'achèvent, en noir et blanc granuleux ou en couleurs nocturnes, dans des cafés, sur une piste de danse, à l'entrée de boites de nuit, sur fond de musique désuètes ou branchées, dans la fumée des cigarettes... BAL PERDU ? Mais retrouvé le temps de trois séances de cinéma et d'une poignée de films anciens et récents, dans un lieu approprié, un bar où l'on peut boire un verre à une table ou au comptoir, discuter avec le gars ou la fille à côté, et même danser...
Twist psychédélique, rétropop, futuroswing, tango argentique, do the shake, do the dog, what you see is watusi...

session 1
vendredi 13 avril - 21h

 


Rockflow (1968)

Pour ouvrir le bal, le beau BAL'TRINGUE conte musette et chante du Fréhel accompagné à l'accordéon. Puis PANDORE (2010, vidéo, couleur, 36 min.), film de Virgil Vernier, observe avec verve un physionomiste à l'entrée d'une boite de nuit parisienne, le ballet des clients, les stratégies pour accéder au sésame... Jean-Daniel Pollet, avec POURVU QU'ON AIT L'IVRESSE (1958, 35mm transféré en vidéo, n&b, 20 min.) livre avec humour un document sans paroles mais en musique (mambo, cha-cha-cha, calypso...) sur les dancings et la solitude de prétendants cavaliers. Dans son premier film, LES MAUVAISES FRÉQUENTATIONS (1963, 16mm, n&b, 42 min.), Jean Eustache nous rappelle que le film de drague est tout un art : à Paris, deux jeunes hommes trainent dans les cafés, accostent une jeune femme, la baratinent, l'emmènent au bal, mais...
Un saut à Antibes en 1961 pour la coupe du monde du rock'n'roll (avec Vince Taylor et ses Play Boys, Les Chaussettes Noires, Les Chats Sauvages, Rocky Volcano, Les Satellites, Doug Folks et les Airdals) filmée au plus près par Henri Calef dans LE TEMPS DE LA FUREUR (n&b, transfert numérique d'après 35mm, 17min.), un crochet par New York pour participer à la fête psychédélique de ROCKFLOW (1968, 16mm, couleur, 9 min.) captée par le cinéaste et acteur underground Bob Cowan, et on finit au tapis avec TWIST PARADE (1962, n&b, transfert numérique d'après 35mm, 5 min.) de Jean Herman, une boule de nerf visuelle d'une modernité abrasive.
Une sélection de films musicaux des années 60, en projection 16mm, vient compléter le programme.


session 2

ERRATUM : la séance initialement annoncée le mercredi 18 avril a lieu le

jeudi 19 avril - 21h 



The History of the Typewriter recited by Michael Winslow (2009)


En guise d'introduction, THE HISTORY OF THE TYPEWRITER RECITED BY MICHAEL WINSLOW (2009, HD, couleur, 21 min.) de Ignacio Uriarte, comme son titre l'indique, revisite l'histoire de la machine à écrire au travers de ses spécificités sonores - cliquetis, frappes et sauts à la ligne - en un exercice vocal virtuose par l'artiste connu comme "the Man of 10 000 sound effects". PLASTIC & GLASS (2010, HD, couleur, 8 min.) de Tessa Joosse, entre symphonie industrielle et comédie musicale, filme la chorégraphie du travail à la chaine dans une usine de recyclage dans la grisaille du nord de la France, le choeur des ouvriers au travail s'élevant soudain, complainte belle et morne. Dans le ton relevé du cinéma-vérité, Jacques Godbout nous fait le portrait de FABIENNE SANS SON JULES (1964, 16mm, n&b, 27 min.), chanteuse franco-canadienne piquante qui poursuit de ses assiduités Jean-Luc Godard, tandis qu'avec STANDARDS (2010, HD, couleur, 16 min.), les Belges Maxime Pistorio & Julie Jaroszewski croquent avec malice les coulisses d'une soirée huppée où des musiciens de jazz se préparent à interpréter un répertoire de circonstance. Prêtons ensuite l'oreille, grâce au film de Guillaume André, UNE AUTRE VOIX (2009, HD, couleur, 55 min.), à la mutation physique et psychique de ces personnes qui ont choisi de changer de voix, parce que jugée problématique - trop fluette, forte, étrange voire anormale... À l'issue de la séance, il sera permis de discuter et même de chanter...



session 3
mercredi 25 avril - 21h



Juliette Gréco entre Marcel Pagliero et Raymond Queneau dans Désordre (1948)


DÉSORDRE : le Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre filmé par Jacques Baratier fourmille d'une faune irrévérencieuse, entre performance lettriste (Gabriel Pommerand), tour de chant surréaliste (Juliette Gréco dans les ruines) et jazz au Tabou. En 20 minutes, ce court métrage tourné en 1948 voit défiler Boris Vian, Simone de Beauvoir, Jean Cocteau, Orson Welles, Jacques Audiberti, Claude Luter, Roger Vadim et bien d'autres. On reste dans le registre du beat endiablé avec un slapstick désopilant de Lupino Lane, CASSE TON PIANO (1929, n&b, muet sonorisé, 10 min.), manifeste de la joie dans la destruction, et SOPHIE ET LES GAMMES (1964, 16mm, couleur, 13 min.) où Julien Pappé utilise des techniques d'animation mixte pour une farce aux accents pop à la Jean-Christophe Averty. Le New-Yorkais Jeffrey Scher emprunte lui à la technique du rotoscopage et du pochoir coloré dans trois films qui dansent, clignotent et virevoltent - REASONS TO BE GLAD (1980, 16mm, 4 min.), SYNEX & YOURS (1997, 16mm, 7 min.) et TURKISH TRAFFIC (1998, 16mm, 4 min.). Pour finir, c'est entre film noir et art combinatoire que se situe ARCANA (2011, DigiBeta, couleur, 33 min.) de Henry Hills, avec ses 254 scènes distribuées en 15 séquences, en un jeu ésotérique de correspondances visuelles orchestré par la bande-son de John Zorn.
Mais DJ Superlove ne vous laissera pas partir sans avoir goûté à quelques unes de ses spécialités vinyliques.


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Nous remercions pour leur contribution à ces séances : Samir, Kazak Productions, l'Agence du Court Métrage (Stéphane Kahn), Jack Stevenson, Jean Vautrin, Les Documents Cinématographiques (Hélène Maugeri), Ignacio Uriarte, Le Fresnoy, Maxime Pistorio & Julie Jaroszewski, Aurora Films, Light Cone, Sixpackfilm (Ute Katschthaler), Superlove

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